2019年8月16日

Je ne suis pas un poète, mais un poème qui ne cesse pas de s'écrire

Dans une réunion de la Société psychanalytique de Paris (SPP). De gauche à droite : Georges Parcheminey (1888-1953), Sacha Nacht (1901-1977) et Jacques Lacan (1901-1981). La date de la scène est incertaine, mais en tout cas, c'est probablement après 1947 (puisque Nacht a l'air d'être président) et certainement avant le 16 juin 1953 où Daniel Lagache, Françoise Dolto et Jacques Lacan quittent la SPP. (la source : Bourgeron - Rue des Archives / Granger, NYC)


Je ne suis pas un poète, mais un poème qui ne cesse pas de s'écrire


Dans un groupe du Facebook auquel je participe, la question a été posée de savoir ce que serait le « Cht » énigmatique dans la Préface à l'édition anglaise du Séminaire XI que Lacan a écrite le 17 mai 1976 (Autres écrits, p.572) :


Quelle hiérarchie pourrait lui [ à l'analysant ] confirmer d’être analyste, lui en donner le tampon ? Ce qu’un Cht me disait, c’est que je l’étais, né. Je répudie ce certificat : je ne suis pas un poète, mais un poème. Et qui s’écrit, malgré qu’il ait l’air d’être sujet.

La réponse en a été donnée aussitôt : il s'agit du « cht » dans le nom de Sacha Nacht.

Comme on le sait, Sacha Nacht (1901-1977) était un collègue de Lacan dans la Société psychanalytique de Paris (SPP). Ils avaient été formés par le même analyste, Rudolf Loewenstein. Nacht était président de la SPP de 1947 à 1962, et vice-président de l'IPA de 1957 à 1969. Il est évident que la part de responsabilité de Nacht pour la décision prise par l'IPA de l' « excommunication » de Lacan était assez grande.

Donc ce « Cht » couvre un témoignage de Lacan de ceci : dans le contexte des questions de la formation et de la qualification du psychanalyste dans la SPP, Nacht a dit un jour à Lacan : « tu es un analyste-né ». Nous pourrions y lire la jalousie refoulée d'un homme médiocre contre le génie de son frère : « tu es un vrai analyste, tandis que je n'en suis qu'un faux-semblant ». 

Mais Lacan répudie ce certificat d'analyste-né que Nacht lui a reconnu, en disant : « je ne suis pas un poète, mais un poème qui s'écrit » — une petite modifications y serait admissible : à la place du « qui s'écrit » simple, il aurait pu dire : « qui ne cesse pas de s'écrire », c'est-à-dire « nécessaire ».

En tout cas, cette phrase écrite par Lacan en tant que psychanalyste : « je ne suis pas un poète, mais un poème », poétique elle-même, qu'est-ce qu'elle voudrait dire ?

Il est remarquable que même dans ce petit texte fait pour la préface à la traduction anglaise du Séminaire XI, Lacan ne cesse pas de s'interroger sur les problèmes de la formation et de la qualification de l'analyste. Et il nous donne cette formule étrange : « l'analyste ne s'hystorise que de lui-même » (Autres écrits, p.572), qui est évidemment une petite modification de la formule qu'il nous a donnée dans sa Proposition du 9 octobre 1967 : « le psychanalyste ne s'autorise que de lui-même » (ibid., p.243).

Dans ce néologisme « hystoriser », on peut lire les deux mots : « hystérie » et « histoire », superposés sur le « s'autoriser » . Alors, que voudraient-ils dire dans ce contexte de la qualification du psychanalyste à la fin de l'analyse ?

D'abord, le côté « histoire » de l' « hystorisation de l'analyse » (ibid., p.573) se rapporte à la passe en tant que témoignage de la vérité qui surgit au moment « eschatologique » (vide infra) de l'expérience analytique, mais qui, dès qu'on en dit quelque chose, ne se présente que dans la structure de fiction (ποίημα : poème), de sorte que dans la procédure de la passe, le passant ne peut faire que « témoigner au mieux de la vérité menteuse » (ibid.).

Et puis, le côté « hystérie ». L'hystérie nous renvoie au problème du désir : le désir insatisfait de l'hystérique. Par rapport à ce désir insatisfait, Lacan se demande tout au long de son Séminaire XI, à partir de la première séance jusqu'au dernier paragraphe de la dernière séance, quel est le désir de l'analyste. Notamment il pose cette question dans la première séance : « Que doit-il en être du désir de l'analyste pour qu'il opère d'une façon correcte [ dans l'expérience psychanalytique ] ? ». Et sa réponse finale dans le Séminaire XI est ceci : 

Le désir de l'analyste n'est pas un désir pur [ comme c'était le cas dans l'alchimie ]. C'est un désir d'obtenir la différence absolue, celle qui vient quand, confronté au signifiant primordial, le sujet vient pour la première fois en position de se l'assujettir. Là seulement peut surgir la signification d'un amour sans limites parce qu'il est hors des limites de la loi, là seulement il peut vivre.

La citation est de la version de Staferla (je n'entrerai pas ici dans un commentaire sur des erreurs comprises dans le texte établi par Jacques-Alain Miller).

Même si le terme du « désir de l'analyste » ne se trouve pas dans la Préface à l'édition anglaise du Séminaire XILacan le met bien en question, puisqu'il pose là la question d' « une autre raison » qui pousserait l'analysant qui a terminé son l'analyse, à assumer la fonction de l'analyste, que la raison financière.

Ensuite, il mentionne « la satisfaction qui marque la fin de l'analyse », et puis « l'amour du prochain ».

Tous cela nous évoque la problématique de la sublimation du désir en tant que « l'amour est la sublimation du désir » et que « seul l'amour-sublimation permet à la jouissance de condescendre au désir » (la séance du 13 mars 1963 du Séminaire X). 

Nous pourrions dire ceci : le désir de l'analyste n'est pas un désir pur, mais le désir sublimé, libéré de la loi du surmoi qui nous assujettit au plus-de-jouir a par son impératif catégorique : « Jouis ! ». 

Le désir de l'analyste en tant que désir sublimé est aussi l'amour pour autant que l'amour est la sublimation du désir, et cet amour sublimatoire comporte une jouissance sublimatoire qui est distincte du plus-de-jouir a et de la jouissance phallique Φ. 


Ce qu'on appelle dans le christianisme « amour de Dieu » et « amour du prochain », est aussi un amour sublimatoire. Si Lacan pose l'équivalence entre l' « être un psychanalyste » et l' « être un saint » (cf. Autres écrits, p.519), c'est parce que ces deux positions existentielles peuvent être caractérisées toutes les deux par l'amour sublimatoire. 


Si on peut assumer la position d'être psychanalyste après la fin de l'analyse pour une raison autre que la raison financière, c'est parce que le désir de l'analyste en tant qu'amour du « prochain » — ce « prochain » pourrait ne pas être un prochain au sens ordinaire, mais un tout-venant — motiverait cet engagement.

Mais dans sa Préface à l'édition anglaise du Séminaire XI, Lacan précise la question en disant : « La question reste de ce qui peut pousser quiconque, surtout après une analyse, à s'hystoriser de lui-même » (Autres écrits, p.572). 

Est-ce que cela veut dire qu'on s'autorise à être hystérique après la fin de l'analyse ? Peut-être oui, puisque Lacan se dit être « un hystérique parfait, c'est-à-dire sans symptôme » (la séance du 14 décembre 1976 du Séminaire XXIV). On peut se souvenir aussi de « Socrate, parfait hystérique » (Autres écrits, p.569) et de « Hegel, le plus sublime des hystériques » (la séance du 17 décembre 1969 du Séminaire XVII).

Alors pourrait-on dire qu'on devient un « hystérique sublimé » après la fin de l'analyse ? Peut-être oui, si nous considérons que l'analyste est l'hystérique sublimé pour autant que le désir de l'analyste est ce qui surgit sublimé à la dernière étape du processus de la « dialectique du désir » qui part du discours de l'hystérique et qui aboutit au discours de l'analyste, comme cela est suggéré dans le schéma présenté à la fin de la Radiophonie (Autres écrits, p.447, où seulement il faut une correction : à la place de « régression du », on devrait lire « régression au » selon ce que dit Lacan à la page 436).



Dans sa Radiophonie, Lacan nous suggère que les quatre discours s'arrangent dans le processus de la dialectique du désir qui progresse par les quatre étapes :


la première : le discours de l'hystérique où le désir $ dans son immédiateté initiale est le désir insatisfait de l'hystérique ;
la deuxième : le discours du maître où le désir $ représenté par le signifiant maître S1 est le désir insatiable du maître ;
la troisième : le discours de l'université où le désir $ représenté par le plus-de-jouir a est le désir impossible de l'Homme ;
la quatrième : le discours de l'analyste où le désir $ dans sa « venue eschatologique » est le désir sublimé de l'analyste.

La direction contraire au progrès est bien sûr la régression : par exemple le mouvement du discours du maître au discours de l'hystérique est une régression, comme l'est le mouvement du discours de l'analyste au discours de l'université.

Évidemment cette dialectique lacanienne du désir a pour modèle la phénoménologie hégélienne de l'esprit. Seulement celle-ci est téléologique dans sa supposition de l'achèvement dans le savoir absolu, tandis que celle-là est eschatologique dans son exigence de l'ἀποκάλυψις (dévoilement) du trou du manque-à-être du sujet $ ; la phénoménologie de l'esprit arrête dans le discours de l'université à cause de la volonté d'absolutisation (ce que Nietzsche appelle volonté de puissance) du signifiant maître S1, tandis que la dialectique du désir va au-delà du discours de l'université en tant que structure de l'aliénation pour arriver au discours de l'analyste en tant que structure de la séparation.



La structure du discours de l'université est celle de l'aliénation où le trou de l'Ⱥutre-de-l'Autre (l'Ⱥutre qui n'existe pas ni n'ex-siste pas), est obturé par le signifiant maître S1 posé dans la place de la vérité (colorée de jaune) des quatre discours. C'est-à-dire la structure du discours de l'université est la structure topologique de la fermeture de l'inconscient. 

Le trou obturé par le signifiant maître S1 est bordé du plus-de-jouir a qui se répète indéfiniment (Wiederholungszwang : cf. Écrits, p.11), autrement dit, qui ne cesse pas de s'écrire (c'est-à-dire nécessaire). Le bord du trou où se situe la répétition du petit a, correspond à la place de l'autre (colorée de vert) des quatre discours. La place de l'autre est la place de ce qui ne cesse pas de s'écrire.

Le lieu-de-l'Autre qui porte le trou de l'Ⱥutre-de-l'Autre, correspond à la place de l'agent (colorée de bleu) où se situe le savoir S2.

Le manque-à-être du sujet $ (le sujet de l'inconscient) se situe dans la place de l'ex-sistence (cf. Écrits, p.11) qui correspond à la place de la production (colorée de rouge). Cette place de l'ex-sistence du sujet $ est la place de ce qui ne cesse pas de ne pas s'écrire (c'est-à-dire l'impossible).

Par contre, la structure du discours de l'analyste est celle de la séparation. Le signifiant maître S1 qui obturait le trou de l'Ⱥutre-de-l'Autre, est forclos dans la place de l'ex-sistence (colorée de rouge) où il est maintenant ce qui ne cesse pas de ne pas s'écrire (c'est-à-dire l'impossible). Le plus-de-jouir a qui représentait le sujet $ est séparé de lui et rejeté avec le savoir S2 comme déchets. 

Alors s'ouvre le trou de l'Ⱥutre-de-l'Autre bordé du sujet $ qui surgit maintenant dans la place de l'autre (colorée de vert). C'est-à-dire la structure du discours de l'analyste est la structure topologique de l'ouverture de l'inconscient.

Puisque le sujet $ fait le bord du trou de l'Ⱥutre-de-l'Autre, on peut dire aussi que c'est le trou du sujet $. C'est-à-dire on peut dire que dans la structure du discours de l'analyste le trou du sujet $ surgit dans son ouverture. 

Étant donné que la place de l'autre est la place de ce qui ne cesse pas de s'écrire et que le sujet $ se situe maintenant dans la place de l'autre, le trou du sujet $ ne cesse pas de s'écrire dans la structure du discours de l'analyste.

Cette structure $ / S1 où le trou du sujet $ qui ne cesse pas de s'écrire représente le signifiant maître S1 qui ne cesse pas de ne pas s'écrire, c'est la structure de la sublimation du désir à la fin de l'analyse, autrement dit, la structure du désir sublimé de l'analyste. La jouissance de sublimation est la jouissance du trou du sujet $ qui a rejeté le plus-de-jouir a et qui ne cesse pas de s'écrire comme trou.

Comme nous l'avons cité plus haut, Lacan dit dans le dernier paragraphe du Séminaire XI : 


Le désir de l'analyste (...) est un désir d'obtenir la différence absolue, celle qui vient quand, confronté au signifiant primordial, le sujet vient pour la première fois en position de se l'assujettir. Là seulement peut surgir la signification d'un amour sans limites parce qu'il est hors des limites de la loi, là seulement il peut vivre.

Cet « amour sans limites » est l'amour en tant que sublimation du désir. Le désir de l'analyste en tant que désir sublimé est lui-même l'amour sublimatoire. Ce que Lacan appelle « différence absolue », est le trou de l'Ⱥutre-de-l'Autre qui advient en s'ouvrant au moment eschatologique de l'expérience analytique où le sujet $ se libère pour la première fois de l'assujettissement au signifiant primordial (c'est-à-dire l'idéal du moi) qui est le signifiant maître S1 à la place de la vérité dans le discours de l'université, par sa forclusion dans la place de l'impossible dans le discours de l'analyste, de sorte que c'est maintenant le sujet $ qui s'assujettit le S1 dans la structure de $ / S1. Si Lacan appelle le trou de l'Ⱥutre « différence absolue », c'est dans une référence au terme heideggérien de « différence ontologique » qui est la différence entre le lieu de l'étant (le lieu consistant de l'Autre) et la localité de l'être (la localité ex-sistente du manque-à-être du sujet $).

Si la structure $ / S1 caractérise aussi la position existentielle d'être un saint, c'est parce que le sujet $ y représente le Nom-de-Dieu S1 impossible qui ne cesse pas de ne pas s'écrire.

Dans l'expérience analytique se produit ce que Lacan appelle dans le Séminaire XI et la Position de l'inconscient « pulsation temporelle ». C'est une suite d'alternances de la fermeture (l'aliénation) et de l'ouverture (la séparation), c'est-à-dire des va-et-vient entre la structure du discours de l'université et celle du discours de l'analyste. Pour que cette pulsation temporelle cesse de se répéter et se stabilise dans la structure du discours de l'analyste, il faut le support du désir de l'analyste qui soutient l'analysant dans son expérience angoissante du trou ouvert de l'Ⱥutre-de-l'Autre.

Alors, qu'est-ce que veut dire la phrase de Lacan : « je ne suis pas un poète, mais un poème qui ne cesse pas de s'écrire » ?

Le « poète » désigne ici le Créateur qui est le signifiant maître S1 posé dans la place de la vérité dans la structure du discours de l'université. C'est le Dieu des philosophes et des savants, c'est-à-dire un idole métaphysique. Pour que la dialectique du désir progresse dans la structure du discours de l'analyste, il faut que le S1 soit forclos dans la place de ce qui ne cesse pas de ne pas s'écrire. Alors surgit dans son ouverture le trou du sujet $ qui ne cesse pas de s'écrire. C'est ce que Lacan appelle là « poème ». Cette création du poème du sujet $ qui surgit en se déplaçant de la place de l'impossible qui ne cesse pas de ne pas s'écrire dans la place du nécessaire qui ne cesse pas de s'écrire, est aussi bien une creatio ex nihilo que la résurrection d'entre les morts qui nous mène à la vie éternelle.

Luc S. Ogasawara

2019年8月5日

フロィトへの回帰 と オィディプスの彼方

Jean-Auguste-Dominique Ingres (1780-1867)
Oedipe explique l'énigme du sphinx (1808)
Au Musée du Louvre

Sigmund Freud (6 May 1856 - 23 September 1939)
immediately after arriving in London on the 6th June 1938

2019-2020年度 東京ラカン塾 精神分析セミネール

フロィトへの回帰 と オィディプスの彼方


2019年09月23日,我々は,Freud の 80 回目の命日を迎えます.それを記念して,2019-2020年度の 東京ラカン塾 精神分析セミネール は,Lacan が 1953年09月26日に Roma で行った講演 :「精神分析における ことばの機能 と 言語の場」で提起した retour à Freud[フロィトへの回帰]の意義について,改めて問うことから始めます.

1950年代,精神分析は,特に英語圏において,全盛期にありました.Mitteleuropa から移住してきた多数の精神分析家たちは,イギリスと USA において,精神分析の臨床の裾野を広げました.精神薬理学はやっと誕生したばかりで,精神医学における治療法の中心を成していたのは,精神療法でした.精神分析は,最も本格的な精神療法と見なされていました.特に USA では,当時,精神科医のみが精神分析家の資格を取得することができ,かつ,精神科医が精神医学界のなかで「出世」するためには,精神分析家の資格を有していることが必須でした.ですから,学界のなかで「名誉」ある地位を欲する若い精神科医たちは,皆,教育分析を受け,精神分析家の資格を取りました.

しかし,そのような状況は,精神分析を大きく変質させてしまいました :「無意識」と「無意識的な思考」の代わりに,「自我」と「感情」が重視され,ユダヤ教の解釈学 Midrash の伝統に根ざした Freud の巧みな「解釈」の代わりに,所与の「意味」の「了解」と心理学的「共感」に力点が置かれ,科学的におよそ不可解な「死の本能」は無視されて,「自我」の強化と「性本能」の成熟による「現実適応」が精神分析の治療目標とされるに至りました.要するに,Freud の発見の真の意義は忘れ去られ,精神分析の本来的な可能性について問われることもありませんでした.

Lacan が「フロィトへの回帰」を彼の教えの標語としたのは,そのような文脈においてです.そして,「フロィトへの回帰」は,単純に Freud のテクストをドイツ語において読み直すことに存するのではなく,しかして,Freud に内在的な行き詰まりを超克して,「フロィトの彼方」へ,すなわち,「オィディプス複合の彼方」へ,歩みを進めることになります.

重要なのは,Freud の発見の真の意義を捉え直し,かつ,精神分析にその本来的な可能性を与え直すことです.そのために,Lacan は,精神分析を純粋に — すなわち,非経験論的かつ非形而上学的に — 基礎づける作業に取り組みます.その際,Lacan にとって本質的に重要な準拠となったのは,Heidegger の Denken des Seyns存在 の 思考]です.

2019-2020年度の 東京ラカン塾 精神分析セミネール の日程を,以下のように予定します(変更の可能性あり):

2019年11月01, 08, 15, 29日(22日は休講);
2019年12月06, 13日(20日と27日は休講);
2020年01月10, 17, 24, 31日(03日は休講);
2020年02月07, 14, 21, 28日(3月一ヶ月間は休講);
2020年04月03, 10, 17, 24日 ;
2020年05月15, 22, 29日(01日と08日は休講);
2020年06月05, 12, 19, 26日.

毎回,開始時刻は 19:30, 終了時刻は 21:00 です.会場は,例年どおり,文京区民センター 内の会議室を使用する予定です(変更の可能性あり).どの部屋を使用するかは未定です.詳細は追ってお知らせします.

小笠原晋也
tel. 090-1650-2207
ogswrs@gmail.com

2019年7月9日

Orwellian Newspeak and Japanese Language


Orwellian Newspeak and Japanese Language


Recently one of my friends whose mother tongue is not Japanese but one of the Indo-European languages and who is interested in Lacan's teaching posed me the following questions : 

I've reread your text on Japanese language. I must say that I agree with most of it. I wonder what your opinion is of Keigo [ respectful manner of speech in Japanese ] as functioning S1 and the proliferation of the imaginary within Japanese society as related to neurotic perversion — phallic enjoyment of the image.

Almost at the same time somebody in Facebook called my attention to a radio program of France Culture where they talk of Orwellian Newspeak in the context of post-truth politics under Donald Trump's government. I read Orwell long long ago and I didn't remember the Newspeak Orwell invented in his "1984". 

Anyway, if you remember or reread "1984" you cannot help but notice the striking similarity between the present Japanese society where the post-truth politics are extremely prevailing and the freedom of speech is no longer respected under Shinzo Abe's government and the dystopian society of the fictional superstate Oceania where the totalitarian Party of Big Brother governs by means of the Thought Police and the Newspeak to the extent that it is impossible there to think freely. 

The actual Japanese language is exactly a non-fictional example of the Orwellian Newspeak : if you dwells there (in Japanese or in Newspeak) you cannot say nor hear anything other than predetermined meaning which I called in my article about Japanese language "master significance" (la signifiance maîtresse, die Herrenbedeutung) and which is formalised with Lacanian mathème S1 (master signifier : le signifiant maître) in the place of truth in the discourse of university :


In the case of Orwellian Newspeak the dominance of master significance is conditioned by a process of purposeful destruction of language, as Syme, a "comrade" of the principal character Winston Smith in the "Ministry of Truth", explains to him : 

Don't you see that the whole aim of Newspeak is to narrow the range of thought ? In the end we shall make thoughtcrime literally impossible, because there will be no words in which to express it. Every concept that can ever be needed, will be expressed by exactly one word, with its meaning rigidly defined and all its subsidiary meanings rubbed out and forgotten. Already, in the Eleventh Edition [ of the Newspeak Dictionary ], we're not far from that point. But the process will still be continuing long after you and I are dead. Every year fewer and fewer words, and the range of consciousness always a little smaller. Even now, of course, there's no reason or excuse for committing thoughtcrime. It's merely a question of self-discipline, reality-control. But in the end there won't be any need even for that. The Revolution will be complete when the language is perfect. Newspeak is Ingsoc [ English Socialism ] and Ingsoc is Newspeak.

In the case of Japanese the dominance of master significance is conditioned, as I explained in my article, by the linguistic fact that the actual Japanese language contains in it too many foreign elements (Chinese, English, etc.) to function properly as a language to the extent that a phrase stated in Japanese is meaningless without a predetermined master significance. That means in Orwellian terms this : in Japanese thoughtcrime is unnecessary and even impossible ; Japanese is the ideology of Nippon Kaigi (Japan Conference : an ultranationalist lobby with decisive influence on Shinzo Abe's government) and the ideology of Nippon Kaigi is Japanese. In other words : one cannot think in Japanese.

That is the very effect of predominance of master significance in Japanese.

Now, let us return to the questions a friend of mine posed to me : 1) the problem of Keigo [ respectful manner of speech ] in its relation to the predominance of master significance S1 in Japanese and 2) the problem of proliferation of imaginary elements in Japanese society and culture.

Keigo is a grammatically codified system of respectful manner of speech in Japanese. I think the necessity of Keigo is originally motivated by the avoidance of mentioning in a phrase its subject especially when it is a person of high social status. You can observe very sophisticated and complicated use of Keigo for example in the Tale of Genji written in the early 11th century, a long story whose scenes are situated mainly in and around the imperial court with a strict hierarchy of aristocratic society. When a phrase concerns a person of higher rank — the highest being of course the emperor —, the phrase omits often the subject word, and instead, Keigo expressions suggest who the absent subject is. And higher the social rank of the subject person in the phrase is, more complicated the expressions of Keigo are.

So what matters from our point of view in the Keigo system is the absence of the subject word in phrases. Who does so or who says so is often unclear in Japanese if you don't know it beforehand. In other word, in Japanese language and society, if you don't live in the discourse whose predetermined master significance is known to you already, verbal communications are practically impossible for you. 

And that is also true in the Orwellian Newspeak, where the subject is often impersonal and the meaning of the phrase is always known to you already. What matters is nothing but the predetermined master significance. 

What is called "truth" in post-truth societies like Japan and Orwellian Oceania is the master significance S1 in the place of truth in the discourse of university, which significance might be conditioned historically or could be posed there completely arbitrarily to manipulate public opinions or to dissimulate inconvenient pieces of truth. When the master significance is posed and fixed under some psychopathological conditions we will have paranoiac or paranoid delusions.

For the second question about the problem of proliferation of imaginary elements in Japanese society and culture we must begin by clarifying the Lacanian concepts of phallic jouissance Φ and of plus-de-jouir a.






The structure of alienation (that of the discourse of university) has the fundamental and central hole which is impossible to obturate or to dissimulate and which we call "apophatico-ontological hole" (colored yellow). Relatively to the hole, we can define the master signifier S1 as what pretends to obturate it (but cannot really do so), and the object a as what tries to more or less dissimulate it (on the edge [ colored green ] of the hole). 

The Freudian concept of libidinal development supposes the final stage of maturity which Freud calls "genital organisation". It is supposed that in the genital organisation the phallic jouissance is realisable by mediation of the patriarchal phallus Φ (the masculine ego-ideal) as a master signifier S1 obturating the hole. But in fact, there is no sexual relationship (il n'y a pas de rapport sexuel), that is the phallus capable of obturating the hole is impossible (it doesn't cease not to be written). The patriarchal phallus Φ is nothing but a fake or a semblance.

Thus, because the genital organisation is impossible, "the act of making love is polymorphous perversion of men", says Lacan (Séminaire XX Encore, p.68 dans la version du Seuil), that is a man can only have a plus-de-jouir a.

So you can not say "phallic jouissance of images". When you make jouissance of an image [ quand on jouit d'une image ] that jouissance is always a plus-de-jouir a, not the phallic jouissance Φ. 

Now that everywhere in the world pornographic images are abounding in Internet, I don't think we can say that perverse proliferation of imaginary elements is specifically Japanese phenomena. Nonetheless, if we observe an abundance of imaginary elements in Japanese society and culture, it is related to the fundamental non-functionality of Japanese language and to its compensation by imaginary elements. More coercively the male ego-ideal Φ is imposed to men, more abundantly the perverse plus-de-jouir a proliferates. 

Luke S. Ogasawara

2019年7月3日

Le texte écrit par Lacan à la quatrième page de la couverture de ses Écrits



Le texte écrit par Lacan lui-même à la quatrième page de la couverture de ses Écrits


Il faut avoir lu ce recueil, et dans son long, pour y sentir que s’y poursuit un seul débat, toujours le même, et qui, dût-il paraître dater, se reconnaît pour être le débat des lumières.

C’est qu’il est un domaine où l’aurore même tarde : celui qui va d’un préjugé dont ne se débarrasse pas la psychopathologie, à la fausse évidence dont le moi se fait titre à parader de l’existence.

L’obscur y passe pour objet et fleurit de l’obscurantisme qui y retrouve ses valeurs.

Nulle surprise donc qu’on résiste là même à la découverte de Freud, terme qui se rallonge ici d’une amphibologie : la découverte de Freud par Jacques Lacan.

Le lecteur apprendra ce qui s’y démontre : l’inconscient relève du logique pur, autrement dit du signifiant.

L’épistémologie ici fera toujours défaut, si elle ne part d’une réforme, qui est subversion du sujet.

L’avènement ne peut s’en produire que réellement et à une place que tiennent présentement les psychanalystes.

C’est à transcrire cette subversion, du plus quotidien de leur expérience, que Jacques Lacan s’emploie pour eux depuis quinze ans.

La chose a trop d’intérêt pour tous, pour qu’elle ne fasse pas rumeur.

C’est pour qu’elle ne vienne pas à être détournée par le commerce culturel que Jacques Lacan de ces écrits fait appel à l’attention.


この論文集をその長きにわたり通読した者にのみ感ぜられよう – そこにおいて続けられているのは,唯一の議論,常に同じ議論であり,それは,たとえ時代遅れとなっているかに見えようと,蒙昧の闇に光をもたらす議論であると認められる.

というのは,啓蒙の曙光がなかなか来ない領域があるということである.その領域は,精神病理学がみづから除去し得ぬ先入観から,其れを自我が誇示すべき実存の証書にするところの偽なる明証性へ至る.

そこにおいては,曖昧模糊たるものが対象として通用しており,そこに己れの諸価値を再び見出す反啓蒙主義により花盛りとなっている.

それゆえ,まさにそこにおいて Freud の発見に対して抵抗する者らがいるということは,なんら驚きではない.ここで,「Freud の発見」は,「の」の両義性により,こう補足される : Jacques Lacan による Freud の発見.

何がそこにおいて証明されているかを,読者は知るだろう:すなわち,無意識は le logique pur — 言い換えれば,徴示素 — の領域のものである.

ここで,épistémologie は,ひとつの変革  主体のくつがえし  から出発しないなら,欠けることになる.

主体のくつがえしの到来が生じ得るのは,実在的にのみであり,かつ,精神分析家たちが現在占めている座においてのみである.

彼らが経験している最も日常的なことに属するこのくつがえしを書き取ることに,Jacques Lacan は15年来,彼らのために尽力している.

かかわっている物はすべての者にとってあまりに重要であり,ざわめきを惹起せずにはいない.

その物がカルチャー商売によって横領されることのなきよう,Jacques Lacan はこの書を以て注意を喚起する.

(小笠原晋也訳)

2019年6月24日

Lacan と一神教 III

Caravaggio (1571-1610), Maria Maddalena in estasi (1606), collezione privata

神秘的な恍惚状態にある Maria Magdalena — この絵には,ある意味で,キリスト教の誕生の瞬間が描かれています.なぜなら,それは,彼女において,初めて,Jesus Christ が死から永遠の命へ復活した瞬間の場面を表しているからです.

Maria Magdalena は,Apostola Apostolorum[使徒たちの使徒]と呼ばれています.なぜなら,福音書(特にヨハネ福音書)によれば,復活した Jesus は,まず最初に彼女に現れ,そして,彼女は,そのことを,使徒たちに伝えたからです.

Jesus は死から永遠の命へ復活した — それは,キリスト教信仰の中核を成すことですが,当然ながら,生物学的にはあり得ないことです.いったい,そのようなあり得ないことを,キリスト教徒は如何に信じているのか?

個々のキリスト教徒にそう問えば,答えはさまざまでしょうが,我々は「死から永遠の命への復活」を否定存在論的に捉えます.

復活した Jesus が Maria Magdalena に現れる — それは,ひとつの神話です.それが神話化しているのは,如何なる事態であるのか?それは,このことです:死から永遠の命へ復活した Jesus は,彼女において 自身を示現する.

普通は「彼女に対して 自身を示現する」と言うでしょうが,我々は,敢えて,「彼女において 自身を示現する」と言います.なぜなら,Jesus の復活は,彼女において 成起することだからです.

ただし,それは,彼女の「こころのなかで」起きる,ということではありません.そのような心理学的な考え方はやめましょう.

死から永遠の命へ復活した Jesus は,Maria Magdalena において自身を示現します.そして,そのことは,同時に,彼女が死から永遠の命へ復活する,ということでもあります.

つまり,そのとき,彼女は,現場存在 (Dasein) において 存在 (Seyn) を守護する者である,という本来的な実存様態に立ち戻り,そして,神の命である永遠の命は,存在 (Seyn) として,彼女において — 彼女の現場存在において — 保匿されます.

それが,神秘主義神学において θέωσις (theosis) と呼ばれる「神と人間との合一」の事態です.

神秘主義 (la mystique) は,キリスト教のなかのひとつの特殊な信仰様態ではありません.むしろ,キリスト教は本来的に神秘主義的です.

そして,Lacan が我々に教えている精神分析も,本来的に神秘主義的です.

今期の 東京ラカン塾 精神分析セミネール の最終回となる06月28日の講義では,神秘主義の本質を否定存在論的に捉え,如何にそれが精神分析と関連しているのかを,より詳しく見て行きましょう.

6月28日(金曜日),いつものように,開始時刻は 19:30, 場所は 文京区民センター 2 階 C 会議室です.

また,いつものとおり,参加費は無料です.事前の申込や登録も必要ありません.

問い合わせは,小笠原晋也 まで:
tel. 090-1650-2207
e-mail : ogswrs@gmail.com

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2019-2020年度の 東京ラカン塾 精神分析セミネール は,本年10月ないし11月に開始する予定です.

本年09月23日が Freud 没後80周年の記念日であることを受けて,Freud について改めて問うてみたいと思います — 特に,Freud が陥った行き詰まりと,それを動機づける Freud の過誤と限界について,Lacan の教えにもとづいて,論じたいと思います.

また,如何に Lacan が精神分析を,存在 の真理の実践的現象学として,純粋に(非経験論的に,かつ,非形而上学的に)基礎づけようとしたかを,あらためて見て行きたいと思います.

日程の詳細は,後日発表します.

小笠原晋也

2019年6月17日

Lacan と一神教 II

Gian Lorenzo Bernini (1598-1680), La Transverberazione di santa Teresa d'Avila (1647-1652), nella chiesa di Santa Maria della Vittoria, a Roma


Lacan と神秘主義


1972-1973年の Séminaire XX Encore において Lacan が言及している santa Teresa de Ávila (1515-1582) は,自叙伝『命の書』(Libro de la vida : 1566) の第29章において,自身の経験を次のように証言しています:


ほかの場合,恍惚はとても激しいので,苦しみを求めることも,ほかのなにもかも,不可能になってしまう.全身がぐったりとなり,足も手も動かすことはできない.立っているときにそうなれば,生命のない物体のように倒れてしまう.息をするのもやっとである.ただ若干のうめき声をもらすだけ — とても弱いうめき声を — なぜなら,力がはいらないから — しかし,感情の強度としてはとても激しいうめき声を.
そのような[恍惚の]状態において,次のような幻覚を幾度かわたしにお与えになることは,主の好むところであった.わたしは,すぐそばに,わたしの左側に,天使を身体的な形のもとに見る.天使をそのように見ることは,非常に希にしか起こらない — というのも,先ほども言ったように,天使は,わたしにしばしば現れるのだが,目に見えはしないからである.今語っている幻覚においては,天使が次のような形で自身を現すことを,主は欲した:天使は,大きくはなく,小さくて,とても美しい.その燃えるような顔は,彼れが最も高い階級 — 愛に燃える霊気たちの階級,ケルビムの階級 — に属していることを示しているように思われる (...). 
天使は,両手で黄金の長い槍を持っており,鉄でできたその切っ先には小さな炎が燃えている.幾たびか彼れは槍でわたしの心臓を刺し貫き,その槍はわたしのはらわたにまで突き通る.彼れが槍を引き抜くとき,鉄の切っ先によって,わたしのはらわたは彼れのところへ抜き取られてゆくかのようである.そして,わたしは,最も熱い神の愛に燃えるままとなる.痛みはとても強く,わたしは弱いうめき声をあげる.しかし,同時に,その曰く言い難い痛みが惹き起こす甘美な感覚はあまりに過剰なので,その終わりを求める気にはならない.そして,魂は,神自身以下のものであるような何ごとかによって満足することは決してできない.この苦痛は,身体的なものではなく,霊気的なものである.しかしながら,身体がそこにいささか関与していないわけではない — おおいに関与してさえいる.されば,魂と神との間には,言い表せぬほど甘美な優しさの交流がある.わたしが作り話をしていると思う人がいるなら,そのような交流を主が善意を以てその人に味わわせてくださるよう,わたしは願う. 
そのような恍惚が続いている間ずっと,わたしは,茫然自失 [ embobada ] の状態にあった.わたしは,見ることも語ることももはや欲さず,しかして,わたしの苦痛 — それは,わたしにとって,被造界のあらゆる喜びを超えた至福であった — へ完全に引き渡されることを欲していた. 
わたしは,ときおり — 神が,あのすばらしい恍惚 [ arrobamiento ] をわたしに送る気になったとき — あの恵みに与った.あの恍惚に抗うことは,多数の人々の前でも,できなかった.それゆえ,たいへん遺憾にも,それは人々の知るところとなり始めた.(...) あの苦痛が感ぜられるやいなや,主は,わたしの魂を連れ去り,それを恍惚 [ éxtasis ] の状態に置く.さように,魂は,耐える間も苦しむ間もない:ほとんどすぐさま,魂は悦する [ gozar ] 状態へ入る.かくも大きな善意にかくもうまく応じ得ないひとりの被造物にあのような恵みを与えてくださる主が,とこしえにたたえられますように.

自身の恍惚について,santa Teresa de Ávila は以上のように証言しています.彼女の忘我の状態(気を失った状態)こそ,Lacan が le sujet en évanouissement と呼び,学素 $ を以て形式化したものです — évanouissement は「消失」でもあり「失神」でもあります.そして,その状態は,分離の構造としての分析家の言説の構造に位置づけられます:



Séminaire XX の1973年02月20日の講義において,Lacan は,神秘経験者たちの証言と彼自身の Ecrits は「同じ次元のもの」である,と述べています.つまり,Lacan は自身を神秘経験者の系譜のなかに数え入れているわけです.

6月21日の我々のセミネールにおいては,さらに,神秘経験者の一例として,Angelus Silesius を取り上げてみましょう.彼の Cherubinischer Wandersmann[ケルビム的に歩む者]から幾篇かを読んでみたいと思います.

2018-2019年度 第三学期 のセミネールの残りの日程は,以下のとおりです:

IX. 6月21日 : Lacan と一神教 (II)
X. 6月28日 : Lacan と一神教 (III)

各回とも,開始時刻は 19:30, 終了時刻は 21:00 の予定です.

場所は,各回とも,文京区民センター 内の 2 階 C 会議室です.

いつものとおり,参加費は無料です.事前の申込や登録も必要ありません.

問い合わせは,小笠原晋也 まで:
tel. 090-1650-2207
e-mail : ogswrs@gmail.com

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なお,2019-2020年度の 東京ラカン塾 精神分析セミネール は,本年10月ないし11月に開始する予定です.如何に Lacan が精神分析を,存在 の真理の実践的現象学として,純粋に(非経験論的に,かつ,非形而上学的に)基礎づけようとしたかを,あらためて見て行きたいと思います.

小笠原晋也

Viktor Frankl : 生の意味について問う

Martin Heidegger (1889-1976) と Viktor Frankl (1905-1997), 1950年代末,Wien のレストランにて.Heidegger は,Hitler 政権下で Freiburg 大学総長という公職に就いていた (1933-1934) ことの責任を,戦後,問われて,1951年まで,大学で教える資格を停止された(一種の公職追放).しかし,一般的には「Heidegger 自身は反ユダヤ主義的な思想の持ち主ではない」と思われてきた.もし仮に Frankl が如何に Heidegger は反ユダヤ主義的な文言を「黒ノート」に書きつけていたかを知っていたなら,彼は微笑みながら Heidegger と同席しようとはしなかっただろう.

Viktor Frankl の最も有名な著作 ...trotzdem Ja zum Leben sagen : Ein Psychologe erlebt das Konzentrationslager[...それでも,生に「いいとも」と言う:ひとりの心理学者が強制収容所を体験する](1946) のなかの Nach dem Sinn des Lebens fragen[生の意味について問う]と題された章の冒頭部分から:

Was hier not tut, ist eine Wendung in der ganzen Fragestellung nach dem Sinn des Lebens : Wir müssen lernen und die verzweifelnden Menschen lehren, daß es eigentlich nie und nimmer darauf ankommt, was wir vom Leben noch zu erwarten haben, vielmehr lediglich darauf : was das Leben von uns erwartet ! Zünftig philosophisch gesprochen könnte man sagen, daß es hier also um eine Art kopernikanische Wende geht, so zwar daß wir nicht mehr einfach nach dem Sinn des Lebens fragen, sondern daß wir uns selbst als die Befragten erleben, als diejenigen, an die das Leben täglich und stündlich Fragen stellt — Fragen, die wir zu beantworten haben, indem wir nicht durch ein Grübeln oder Reden, sondern nur durch ein Handeln, ein richtiges Verhalten, die rechte Antwort geben. Leben heißt letztlich eben nichts anderes als : Verantwortung tragen für die rechte Beantwortung der Lebensfragen, für die Erfüllung der Aufgaben, die jedem einzelnen das Leben stellt, für die Erfüllung der Forderung der Stunde. 
ここで必要なのは,生の意味に関する問題措定全体に転回をもたらすことである:我々は,このことを学ばねばならない,そして,絶望する者たちに教えねばならない — すなわち,本来的にかかわっているのは,決して,「我々は生からなおも何を期待すべきか」ではなく,而して,むしろ,ただ,このことである:生は我々から何を期待しているのか!専門的に哲学的に語るなら,我々はこう言い得るだろう — つまり,ここにおいては,このような一種のコペルニクス的転回がかかわっているのだ:我々は,もはや,単純に,生の意味について問うのではなく,而して,我々は,自身を,[生から]問いかけられている者として経験する.すなわち,生は,日々,刻々,我々に問いを措定している.それらの問いに,我々は答えねばならない — 考えこんだり,言葉を発したりすることによって答えるのではなく,而して,ただ,行為によって,正しい行動によって,正しい答えを返すことを以て.生とは,究極的に,まさにこのことにほかならない:生の問いに正しく答える責任を負うこと,生が各人に措定する使命をまっとうする責任を負うこと,[我々が生きている]時が要請してくることを果たす責任を負うこと.

6月14日の 東京ラカン塾 精神分析セミネール において,参加者のひとりが以上の一節について質問しました.

今,Viktor Frankl を読む人がどれほどいるのか知りませんが,彼のこの著作の邦訳は,『夜と霧』という〈原題からはかけ離れた〉書名のもとに,1956年に(わたしが生まれた年!)に出版され,わたしが学生のころは,学生向け推薦図書のひとつとして有名でした(わたしは,当時,その本は「心理学者」が書いた「心理学」関係の本だと思いこんでいた — 翻訳者が霜山徳爾という上智大学の心理学の教授であったせいで — ので,さして関心を持つこともなく,読まずじまいでしたが).

Viktor Frankl (1905-1997) は,Wien で生れ育った精神科医で,Rothschild 財団が設立した神経科病院に勤務し,そこにおいて,もっぱら,自殺の危険性のある(自殺未遂をした,あるいは,希死念慮のある)患者の治療を担当していました.精神分析にも関心を向けてはいましたが,教育分析を受けることはなく,精神分析家として臨床を行うこともなかったようです.1941年に USA へ行く visa を得る機会がありましたが,年老いた両親を Wien に置いておくことはできないと考え,亡命することを断念しました.彼と彼の家族(彼の妻と彼の両親)は,1942年09月に強制収容所に収容され,彼の家族は皆,殺されました.しかし,彼だけは,1945年04月にアメリカ軍によって強制収容所から解放されました.

「生の意味について問う」ことから「生からの問いかけに答える」ことへの「コペルニクス的転回」は,まさに,Frankl が,死の穴に直面したことによって,異状の構造としての大学の言説の構造から,分離の構造としての分析家の言説の構造へ,跳び移ったことを証しています:



「生の意味(ないし,意義)について問う」— 我々がそうするのは,大学の言説の構造において,「真理の座」(黄色の領域)に措定された le signifiant maître[支配者徴示素]S1 が確固たる外見を失ったときです.

S1 は,たとえば,形而上学における真善美のイデアであり,あらかじめ与えられた「人生の目標」であり,「なぜ生きるのか」の問いに ready-made な答えを与える意義(支配者意義,la signifiance maîtresse, Herrenbedeutung)です.社会構造や価値観がまったく安定している場合,我々は,所与の S1 に頼り切りきったまま(あるいは,支配されたまま),何の疑問も持ちません.「生の意味について問う」必要は,全然ありません.

しかし,我々が生きている時代(19世紀以降)は,我々を,それとはまったく逆の状況に投げ入れます.所与の支配者意義 S1 は揺らぎ,失墜してしまいます.従来は最も価値があり,最も意義があるものと信ぜられてきたもの — たとえば,プラトン的な「真,善,美」のイデア,神が与える律法と秩序,神が約束する天国,意識的で理性的な自我の自由意志と自律性,等々 — は,もはやただの神話にすぎず,まったく無意味なものとなってしまいます.そうなると,何のために生きているのか,生の意義は何に存するのかは,我々にとって,自明なものではなくなります.それが,ニヒリズム — 後で言及する「能動的なニヒリズム」との対比において「受動的なニヒリズム」と呼ばれます — の状況です.

ニヒリズムの状況において「生の意味を問い,生の意義を探し求める」こと — 日本では「自分さがし」という表現もよく用いられました —,それは,所詮,大学の言説の構造における「真理の座」に改めて措定し得る新たな支配者徴示素 S1 を探し求めたり,新たにでっちあげようとすることにすぎません.そのような試みは,「受動的なニヒリズム」に対して,「能動的なニヒリズム」と呼ばれます.その最も代表的な例は,Nietzsche の「力への意志」と「超人」です.

また,新たな S1 を探し求める者は,「わたしこそ,新たな価値(つまり,新たな支配者徴示素,新たな支配者意義)を提供し得る者です」とうそぶく者たち — Lacan は,そのような者たちを「ゲス」(下司,下衆:フランス語では canaille)と呼び,倫理的にもっとも下劣なものと見なします — による催眠術の罠にかかり,そのような者たちよって食いものにされる危険性もあります.新興宗教の教祖や,ある種の政治家や,自己啓発セミナーの主催者などを,そのような「ゲス」の例として挙げることができるでしょう.

Frankl が置かれた強制収容所の状況においては,受動的なニヒリズムは最も極端な形を取り,能動的なニヒリズムが入り込む余地はありません:明日にでも家畜のように殺されることが確実であり,生きている「意味」は何も無い.そこにおいては,如何なる支配者意義 S1 ももはや可能ではなく,支配者徴示素 S1 は「真理の座」から完全に閉出されてしまっています.

S1 の閉出によって真理の座が空座となったとき,Frankl に何が起きたか?異状の構造としての大学の言説から分離の構造としての分析家の言説への構造転換 (Wendung) です.

そこにおいて成立する $ / S1 の構造は,「生」からの問いかけ — つまり,存在 [ Seyn ] からの問いかけ,神からの問いかけ — に答える〈その本来性における〉実存の様態を形式化するものです.

S1 は,大学の言説の構造における「真理の座」から閉出 (forclusion) されて,分析家の言説の構造において「生産の座」へ位置づけられますが,そこにおいて,S1 は,書かれないことをやめない不可能な signifiant[徴示素]となります.

大学の言説の構造において「真理の座」に措定されていることによって否定存在論的孔穴を塞ぐものと信ぜられている S1 は,その閉出が精神病発症を条件づけるところの「父の名」(le Nom-du-Père) であり,また,性本能の成熟段階としての「性器体制」(Genitalorganisation) において性関係を可能にすると想定されている「家父長ファロス」(le phallus patriarchal) Φ でもあります.

それに対して,分析家の言説における $ / S1 の構造は,不可能な「神の名」を代理するキリスト者の主体 $ の形式化であると同時に,性関係の不可能性(家父長ファロスの不可能性)を代理する昇華された欲望 $ の形式化でもあります.

精神分析の経験においてその構造に耐えることができるようになること  分析の終結は,そのことに存します.